Switch to Dual Emblem Display

Page icon  Link to an image of this page  [A1r p1]
IMAGINATION
POETIQUE,
Traduicte en vers François,
des Latins, & Grecz, par
l’auteur mesme
d’iceux.
Horace en l’art.
La Poësie est comme la pincture.

Printer’s mark of Bonhomme
[Click on image to enlarge]

A Lyon,
Par Macé Bonhomme.
1552
AVEC PRIVILEGE. Page icon  Link to an image of this page  [A1v p2]

IL EST COMMANDÉ de la part
de Monseigneur le Lieutenant general, au gouver
nement de Lyonnois, à Macé Bonhomme Im-
primer ce present oeuvre Intitulé Imagination
Poëtique, tant en latin, que en Francois, avec inhi-
bitions & defenses à tous autres de l’imprimer ou
faire imprimer dedans trois ans, sur peine damende
arbitraire, & de confiscation desdictes impressions.
Fait à Lyon, le vingtneufviesme d’Aoust mil
cinqcens cinquante deux.

J. Tignac.

Page icon  Link to an image of this page  [A2r p3]
AU SEIGNEUR
JEAN ANTOINE
Gros, valet de chambre du
roy, tresorier
des Fortifications
de Lyon.
Barptolemy Aneau Salut.

L’ARBRE transplanté de son
sauvage, & propre tige naturel,
en une ente plus franche, par in-
corporation en icelle, mieux ve-
jetée, & elevée en clair espace de
l’air lumineux, provient puis apres
de plus beau, & plus gracieux regard. D’advantage
en porte fruyt plus delicieux, & agreable au goust.

Semblablement un ouvrage
(mesmement de litterature) transmis de son propre
auteur, (qui ne seroit encor de grand nom) par pre-
sent, ou dedication, à quelque noble, franc, & ver-
tueux personnage de renom, qui pour sien le dai-
gneroit recevoir: a donc’ en est apres luy (si aucun en
y a) mieux recueilly, & meilleur trouvé. Parce que
le personnage de nom, & d’honneur, donne lustre,
Page icon  Link to an image of this page  [A2v p4] à l’oeuvre à luy presentée, & de son honneur le hon
nore, en le faisant par l’enterinement de sa Dedi-
cation receuë, elever en claire lumiere publique
par estre veu de plusieurs, lesquelz autrement ne
le daigneroient regarder, ou moins l’estimeroyent.
Et neantmoins l’honneur du personnage illustre,
n’en est en rien diminué, ny obsurcy, ains plutôt
augmenté, & esclarcy. Car la tresclaire splendeur
d’honneur est en marque Hieroglyphicque desi-
gnée par L’oeil: qui jecte ses rays luysans exterieu-
rement: & puys avec les images des choses veuës, rap
porte à soy plus de lumiere qu’il nen a espandu. Ainsi
le tresclair honneur, par repercussion reverberée se
redouble, retournant avec accrois de resplendeur à
celluy duquel il est procedé. Qui est une
des causes par laquelle j’ay esté induit dedier à
vous (Seigneur Jean Antoine Gros) & vous faire
present, du premier exemplaire de ce petit Poetic,
Moral oeuvre mien. Que dy je mien? non ja
plus mien, mais bien vostre (s’il vous plaict) &
soubz vostre nom, à tous commun. Sachant que
là ou est logée vertu, ne peut faillir de estre
honneur. Duquel j’espere l’oeuvre estre
anobly, & illustré.

L’autre cause est, Recognoissance
d’une vostre liberalité envers moy, mesmement
faicte sans digne occasion. Pour laquelle mon
esperit ne a peu estre en paix, jusque avoir trouvé
moyen de la regracier, & recognoistre, en tant que
porte mon prou de devoir, rien de pouvoir, & peu
Page icon  Link to an image of this page  [A3r p5] de savoir. Affin de n’estre justement blasmé du vi-
ce d’ingratitude, autant à moy que aux Persans de-
testable. Vela la cause de la presentation de ce
livret, laquelle (vous plaira n’avoir en desdain, mais
la prendre en bonne part de bonne affection. Selon vo-
stre acostumée honnesteté. A Dieu Qui
vous maintienne, & accroisce en prospe-
rité, & honneur, par longues
années. A Lyon ce hui-
ctiesme Septembre.
1552.

Page icon  Link to an image of this page  [A3v p6]
PREFACE
DE CAUSE.

JAY privée familiarité
à Macé Bon-homme Impri-
meur Lyonnois, par laquel-
le estant un jour en sa mai-
son, trouvay quelques peti-
tes figures pourtraictes, &
taillées, demandant à quoy elles servoient:
me respondit, À rien pour n’avoir point
dinscriptions propres à icelles, ou si aucu-
nes en avoit euës, icelles estre perdues pour
luy. Alors je estimant que sans cause n’a-
voient esté faictes, luy promis que de mue-
tes, & mortes, je les rendroie parlantes, &
vives: leur inspirant ame, par vive Poësie.
Ce que par moy de bon gré promis: fut par
luy de meilleur gré receu. Parquoy soub-
dain fut l’oeuvre commencé, poursuyvy, &
finalement achevé, tant en vers Latins &
Page icon  Link to an image of this page  [A4r p7] Grecz, que Françoys. Toutesfois à plus
grand travail, & moindre estimation, que
si j’eusse faict & divisé les pourtraictz à
mon jugement, & plaisir. Combien que en le
faisant je ne me suis point tant soucié,
que pourroit avoir imaginé celluy quicon-
que en feit le deseing imparfaict, & sans pa
rolle: que d’y approprier de mon invention:
ce que me a semblé le plus convenable, & My
thologic à la figure, en partie de moy in-
venté: en partie prins es tresbons Auteurs,
Grecz ou Latins. Ce que je pense avoir acom
ply. Et si à aucun desdaigneux semble que
non assez proprement, ou heureusement:
je vueil bien qu’il sache: qu’il est plus diffici
le, & fascheux suyvre autruy par chemin
incongneu, & estroict, arrestant ses piedz
sur les traces: que par libre & franche mar-
che sen aller esbastant à son plaisir, par plein
& large chemin descouvert. Car certes de
toutes les images, Je n’en ay faict pourtrai-
re, ne graver de ma designature à mon ar-
bitre, & plaisir (ce que me eust esté beau-
coup plus aisé) sinon le Mariage, les Mar-
ques, & Armoiries, & treze autres par cy,
Page icon  Link to an image of this page  [A4v p8] par la meslées. affin de acomplir la centei-
ne avec son comble, & advantage: pour em-
plir les fueilles blanches, Pource que Natu-
re est abhorrente de chose vuyde. Es autres
j’ay suyvy ma conjecture & divination, usant
en cest oeuvre comme de la Metheline regle
de plomb. Cestadire appropriant non les ima-
ges aux parolles (comme il falloit) mais
les parolles aux figures (comme j’estoie con-
trainct) les plus convenables qu’il me a esté
possible. Affin que les images ensevelies, &
muetes, je ramenasse en lumiere & vie. exer
ceasse mon esprit, satisfisse aux yeux,
& aux espritz des lecteurs. Et fi-
nalement feisse plaisir au Bon
homme, & bon amy.
Vela la cause de
l’oeuvre.


Hint: You can turn translations and name underlining on or off using the preferences page.

 

Back to top